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Pénétrations fond de cuve

Alors que AREVA informe l'ASN d'un problème d'homogénéité dans l'acier composant la cuve réacteur de l'EPR francais, 



Une nouvelle fois les zones sensibles que représentent les pénétrations fond de cuve (PFC) et surtout leur liaison avec la cuve, semblent mises en défaut.

Déjà en 2004, la SFEN, au travers du n°1 de sa revue RGN, relatait une note de la NRC datant d’août 2003 identifiait des problèmes possibles sur les PFC des REP comme suite aux dégradations survenues sur la tranche 1 de la centrale américaine de South Texas Project (STP).

Puis en 2011, c'est en France sur la cuve du réacteur n°1 de la centrale de Gravelines qu'une PFC inquiète un temps les autorités qui, par l'IRSN considèrent le niveau de sûreté retrouvé suite à la réparation.

Nos voisins belges ne dérogent pas non plus avec des fissures découvertes à l'été 2012 sur les unités Doel3 et Tihange2 où, sans parler de PFC, les cuves de réacteur présentaient des défauts autrement plus sévères que ceux relevés en France.

Défense en profondeur et sûreté de conception

L'Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) publie en date du 7 avril 2015 un communiqué de presse par lequel AREVA l'a informé d’une anomalie de la composition de l’acier dans certaines zones du couvercle et du fond de la cuve du réacteur de l’EPR de Flamanville.

La réglementation en vigueur relative aux équipements sous pression nucléaires (ESPN) impose au fabricant de maîtriser les risques d’hétérogénéité des matériaux utilisés pour fabriquer les composants les plus importants pour la sûreté.

Dans la conception des réacteurs à eau sous pression français, trois « barrières » de confinement sont interposées entre les produits radioactifs contenus dans le combustible et l’environnement. Il s’agit, dans l’ordre :
  • de la gaine de protection des crayons de combustible,
  • du circuit primaire, circuit d'eau confiné dans l'enceinte qui refroidit le coeur du réacteur,
  • de l’enceinte de confinement.
La cuve du réacteur contribue à la défense en profondeur et est un élément de la 2ième barrière.
Coupde de la cuve d'un réacteur de 900 mégawatts. © IRSN


Les zones du couvercle et du fond de la cuve du réacteur qui présenteraient des défauts dans l'homogénéité de leur acier peuvent être importantes s'agissant en particulier des traversées de couvercle et des pénétrations fond de cuve (PFC) dont des défauts ont déjà été enregistrés sur le parc français, 


L'ASN, dans son communiqué précise que :



"Pour répondre à cette exigence technique, AREVA a mené des essais chimiques et mécaniques sur un couvercle de cuve similaire à celui du réacteur EPR de Flamanville. Les résultats de ces essais ont montré, fin 2014, la présence d’une zone présentant une concentration importante en carbone et conduisant à des valeurs de résilience mécanique plus faibles qu’attendues. Des premières mesures ont confirmé la présence de cette anomalie dans le couvercle et le fond de la cuve de l’EPR de Flamanville. AREVA a proposé à l’ASN de réaliser à partir d’avril 2015 une nouvelle campagne d’essais approfondie sur un couvercle représentatif pour connaître précisément la localisation de la zone concernée ainsi que ses propriétés mécaniques.


"L’ASN se prononcera sur le programme d’essais, contrôlera sa bonne réalisation et instruira le dossier que présentera AREVA pour démontrer la résistance de la cuve du réacteur EPR de Flamanville. Elle fera notamment appel à son appui technique, l’IRSN, et au Groupe permanent d’experts dédié aux équipements sous pression nucléaires.

"L’ASN a informé ses homologues étrangères concernées par la construction d’un réacteur EPR."

France Bleue, mercredi 08/04/2015
Ouest France, mardi 07/04/2015
France 3 Basse-Normandie, mardi 07/04/2015
Sciences et Avenir, vendredi 17/04/2015