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Présence d'isotopes issus de produits de fission dans l'atmosphère

Iode 131


L’iode 131, noté 131I, est l'isotope de l'iode

Ce produit radiotoxique constitue un risque important de contamination environnementale en cas d'explosion nucléaire ou d'accident nucléaire grave. 

C'est en effet l'un des premiers et des principaux radionucléides émis lors des accidents nucléaires graves (entraînant la fusion de combustible), comme lors de la catastrophe de Tchernobyl ou de la catastrophe de Fukushima


C'est un produit de fission des réacteurs nucléaires où il représente près de 3 % des produits de fission de l'uranium.

La demie vie de l'iode 131 étant de 8, jours, et considérant l’innocuité de l'isotope au terme d'une dizaine de périodes, les effets de ce dernier sont donc presque nuls sous 3 mois.

En février 2017, l'IRSN publiait un article sur la présence d'iode 131 dans l'atmosphère.

Cependant, doit-on parler d'un accident en tant que tel? Rien ne laisse supposer qu'un accident ai eu lieu, en tous cas, aucune information à ce sujet.

Sources :

http://www.irsn.fr/FR/Actualites_presse/Actualites/Pages/20170213_Detection-iode-radioactif-en-Europe-durant-le-mois-de-janvier-2017.aspx#.WKv4fW_hC00

http://www.irsn.fr/FR/Actualites_presse/Actualites/Pages/20170213_Detection-iode-radioactif-en-Europe-durant-le-mois-de-janvier-2017.aspx#.WNdu7_nyjIV

http://www.irsn.fr/FR/Actualites_presse/Actualites/Documents/IRSN-NI-Detection-Iode-131-30112011.pdf

http://www.irsn.fr/FR/professionnels_sante/documentation/Documents/IRSN-fiche_iode131.pdf

http://lesmoutonsenrages.fr/2017/02/21/mystere-nucleaire-des-pointes-de-rayonnement-diode-131-detectees-dans-de-nombreux-pays/

http://www.lemonde.fr/planete/article/2017/02/19/des-traces-d-iode-radioactif-detectees-dans-l-air-ambiant-en-europe_5082065_3244.html

http://www.francetvinfo.fr/sante/environnement-et-sante/des-traces-d-iode-radioactive-detectees-dans-l-air-en-france-et-en-europe_2064153.html

https://francais.rt.com/international/28033-norvege-fuite-reacteur-nucleaire

http://france-revolution-investigative-reporter.over-blog.com/2017/03/norvege-une-centrale-nucleaire-a-fuite-et-pas-qu-un-peu.html

https://www.alternativesante.fr/nucleaire/halden-l-accident-qu-on-nous-cache

https://translate.google.com/translate?depth=1&hl=fr&rurl=translate.google.com&sl=auto&sp=nmt4&tl=fr&u=http://www.euronews.com/video/2016/10/25/radioactive-leak-at-norway-nuclear-facility




Ruthénium 106


Sources :

https://blogs.mediapart.fr/association-criirad/blog/051017/ruthenium-106-dans-l-atmosphere-en-europe-il-faut-en-determiner-l-origine


http://www.irsn.fr/FR/Actualites_presse/Actualites/Pages/20171004_Detection-ruthenium-106-en-europe.aspx#.Wf4wYmjWzIV

Focus sur une cause d'agression externe : la cyberattaque

Tout d'abord, qu'est-ce qu'une cyberattaqueTel que le définit Wikipédia, "Une cyberattaque est un acte malveillant envers un dispositif informatique via un réseau cybernétique.


Alors qu'au lendemain de la commémoration des 30 ans de l'accident de Tchernobyl, la centrale nucléaire allemande de Gundremmingen subissait une cyberattaque.

La Belgique n'a pas été épargnée par une certaine psychose, en renforçant la sécurité de ses deux centrales nucléaires.

D'après l'article ZDNet paru le 24 juin 2016, je cite :
"Le système d'information des centrales nucléaires repose, lui, sur une caractéristique qui pourrait faire sourire mais qui a longtemps garanti sa sécurité : "la plupart des équipements informatiques de sites sensibles ont longtemps bénéficié d'une certaine forme de "protection par l'antiquité", relève Carolyn Baylon, co-auteur d'un rapport sur la cyber sécurité des installations nucléaires."

Avec le développement informatique, la mise en réseau d'applications qui, somme toute, peuvent paraître anodines, les cybercriminels se font un devoir d'attaquer toutes les institutions, parfois juste pour prouver leur vulnérabilité, parfois pour commettre de véritables vols, détournements ou pire.


En 2010, le ver Stuxnet était découvert. A l'origine pour s'attaquer aux centrifugeuses du process iranien d'enrichissement, on 'apercevait qu'il pouvait mettre à mal les systèmes sous Microsoft Windows, dont notamment l'EPR français qui en est équipé.


Je ne m'étendrais pas ici sur les possibilités d'atteinte d'une telle attaque et les conséquences qui pourraient en découler, mais on peu aisément imaginer les conséquences politiques, économiques, sociales, sociétales, environnementales et autres que pourrait engendrer un accident majeur issu d'une cyberattaque...

En attendant, la France se dote d'un arsenal juridique..., et la Belgique n'est pas rassurée.

Sources :

Le Point, 29/04/2016, BFM TV 26/03/2016, Le Monde 06/10/2015, ZDNet 265/06/2016, LaGazette.be 25/06/2016

Documentation :

Arrêté du 10 juin 2016
Loi de Programmation Militaire
Rapport AEIA destiné à prévenir les attaques sur le SI des centrales



Focus sur une cause incidentelle/accidentelle : l'inondation

Les centrales nucléaires, eu égard à la grande quantité d'énergie et de chaleur dégagée lors de la fission des noyaux sont systématique situées à proximité directe d'une source froide (plus généralement, cours d'eau, estuaire, ou mer/océan).

Cette proximité de cette source froide est aussi un risque, nous l'avons vu à plusieurs occasions récentes sur lesquelles je reviens succinctement ci-après avec deux exemples.

Fukushima en 2011

La cause de la perte du site de Fukushima face aux éléments naturels, n'est pas le séisme pourtant à l'origine, mais bien la submersion du site due au tsunami qui s'en suivit. 

L'inondation du site a ainsi (alors même que les bâtiments et équipements avaient bien réagit au séisme initial pourtant évalué à 9.0 sur l'échelle de Richter) induit la perte des équipements de sauvegarde des différentes tranches. 

Des 6 tranches qui composent le site, seules celles à l'arrêt ont été "sauvées". 

En effet, les circuits de sauvegarde sollicités ne sont plus les mêmes que pour une tranche en fonctionnement. Et la perte des circuits de sauvegarde par l'immersion du site dûe au tsunami qui à suivi le séisme, à entraîné par effet cascade, la catastrophe que l'on connait aujourd'hui. 

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En cours de rédaction
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Blayais en 1999

En France, la situation météorologique exceptionnelle du 27/12/1999 à conduit à l'inondation partielle du site du Blayais, situé sur la rive droite de l'estuaire de la Gironde. 

Cet incident à été classé au Niveau 2 de l'échelle INES

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En cours de rédaction
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La prise en compte du Retour d'Expérience

Enfin, s'appuyant sur les progrès des connaissances, le Guide relatif à la protection des Installations Nucléaires de Base contre les inondations externes, dit "Guide Inondations" publié par l'ASN vient en remplacement de la Règle Fondamentale de Sûreté (RFS) I.2.e du 12 avril 1984 avec l'ajout de recommandations qui ont complètement réévalué les aléas et qui doivent permettre d'améliorer les dispositions de protection matérielle et organisationnelle ainsi que leur pérennisation. 

L'IRSN, dans le paragraphe 5.5, p.232 de son Rapport Scientifique et Technique (RST) 2007 explique la genèse du Guide Inondations.

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En cours de rédaction
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Du traitement du Cs137 suite à un accident

Au journal télévisé de ce midi, vendredi 21 août, on nous présente une famille recevant pour 3 semaines chaque année un "enfant de Tchernobyl". En fait un enfant qui vit dans les régions contaminées de l'ancien bloc soviétique suite à l'accident du 26 avril 1986 survenu sur le réacteur n°4 de la centrale de Tchernobyl.

Outre tous les bienfaits apportés avec une telle démarche que nous ne pouvons que saluer, le journaliste avance que, le fait de l'éloignement de la zone contaminée à principalement pour but de faire descendre le taux de Césium 137 présent dans l'organisme de l'enfant.

Alors même si l'IRSN présente le 137Cs comme ayant une toxicité chimique faible, la demie-vie du radioélément (période pendant laquelle il va perdre moitié de son activité) étant de plus de 30 ans, on voit mal comment 3 semaines passées en dehors de la source de contamination habituelle va faire chuter de façon significative l'activité accumulée jusque là.

Ceci sans préciser pour autant l'emploi de compléments alimentaires tel le Vitapect, association de pectine de pommes, d'oligoéléments et de minéraux destinés à l'élimination du radioélément dans le corps humain. Les liens de l’association "Les enfants de Tchernobyl" ici, et de la CriiRad ici donnent plus d'explications sur l'accueil des enfants et l'utilisation des compléments alimentaires.

La présence de Césium 137 dans l'environnement est la conséquence de l'emploi d'uranium lors d'essais nucléaires et d'accidents nucléaires tel qu'à pu être celui de Tchernobyl en avril 1986.

Nucléaire : La politique du mensonge ? - Spécial Investigation du lundi 4 mai à 22h50

Le documentaire diffusé sur Canal+, tout comme la presse écrite, présente des erreurs.

D'abord, et dès la première minute, quand 2 accidents majeurs sont cités. Celui du 17/10/1969 et celui du 13/03/1980. Ces événements sont classés, pour le second du moins (nous verrons plus loin pour le premier), au niveau 4 de l'échelle INES. Ce niveau correspond à un accident, l'accident majeur étant le niveau 7 de l'échelle INES, comme le montre le schéma à la dixième minute du documentaire.

A la 10ième minute ensuite, ou l'on parle du classement au niveau 4 de l'accident de 1969. L'IRSN faisait apparaître cet accident dans une de leur représentation de l'échelle INES. Après échange avec l'IRSN, il s'avère en définitif que l'événement de 1969 sur la première unité UNGG n'est pas classé par les Autorités de Sûreté Nucléaire.

Vers la 16ième minute du documentaire, le rapport confidentiel évoque des rejets de radioéléments émetteur alpha. Contrairement à ce que le journaliste prétend, le plutonium n'est pas seul émetteur alpha. EDF à émis une plaquette explicative sur le risque alpha. Le rejet de plutonium dans la Loire, évoqué avant la 17ième minute à été identifié lors d'une étude faite en 1980 par l'Institut de biogéochimie marine de l'Ecole Normale Supérieure de Montrouge (Hauts-de-Seine) sur les problèmes de polluants dans les sédiments, menée sur la Loire fluviale, de Saint-Laurent-des-Eaux jusqu'à l'estuaire. Cet article du blog en fait le détail.

Passons sur les problématiques de déchets, stockage, fuites ou relâchements, recyclage, etc. qui ne sont pas d'un premier attrait sur ce blog.

Ce qui nous emmène aux alentours de la 45ième minute du documentaire ou le journaliste avance le défaut d'entretien du parc nucléaire. Comment annoncer cela au regard de la réglementation et de la législation toujours plus pointues et profondes dont la filière nucléaire doit s'acquitter, et toujours sous l’œil vigilent de l'ASN? Nous avons, nous la France, une réglementation et une législation qui évoluent dans le temps, grâce notamment au retour d'expérience au niveau mondial, alors même que d'autres pays poursuivent l'exploitation de réacteurs bien plus âgés et dont la réglementation et la législation restent elles basée sur ... la conception de l'époque! sic

Mais de façon générale, à bien y regarder au cours du documentaire, je m'étonne de voir que les prélèvements, qui sont faits par des organismes voulant démontrer la présence et la nocivité de radioéléments induits dans le milieu naturel par l'exploitation de la filière nucléaire, soient faits sans mesures particulières de protection. Pas de gants, Pas de sur-bottes... Certainement parce que les mesures démontrent justement que les taux en présence ne nécessitent pas à se protéger.

Illusions abandonnées en conclusion d'un documentaire de 52min. exclusivement à charge...

Face aux diverses réactions, l'IRSN publie une note d'information sur les accidents ayant affecté les réacteurs UNGG de St Laurent-des-Eaux en 1969 et 1980.

Enfin, on apprend en juillet 2015 que, suite à la diffusion du reportage le 4 mai 2015, l'association l'Observatoire du nucléaire porte plainte contre l'exploitant EDF et Marcel Boiteux.

Quant aux interrogations de l'article d’Arrêts sur image, je me permets juste de dire que les rejets étaient connus, et si j'ai pu en parler dans l'article "Histoire de rejets" c'est que l'information était disponible. 

"Les mensonges du nucléaire français" Article du Monde du 04/05/2015

Je vous laisse le soin de découvrir le contenu de cet article.
Désinformation! Un papier somme toute mal ficelé, rédigé avant la diffusion sur C+, qui me semble jeter une fois de plus du discrédit à la filière.

Je m'en explique.
Premièrement, la photo qui figure sur l'article du Monde au travers des réseaux sociaux (lien) n'est pas celle de St Laurent facilement reconnaissable à la forme particulière de ses aéroréfrigérants, mais une vue du Site du Tricastin avec, au second plan, l'usine d'enrichissement ; même pas une centrale nucléaire comme présentée.



Ensuite, parce que sur le site de St Laurent, il y a deux technologies, 2 réacteurs REP (au premier plan, près des aéroréfrigérants) en exploitation et 2 anciens UNGG (au second plan, sur la droite) à l'arrêt définitif et en cours de démantèlement. Ce sont ces derniers qui ont connus des "désagréments". Il faut le préciser, c'est important. Mais là rien! Tout diffère : les technologies, la conduite des installations, la réglementation, etc.
Enfin, les accidents de 1969 et 1980 sont connus, celui de 1980 est répertorié au niveau 4 de l'échelle INES. Le premier accident figurait au même niveau de la même échelle, mais suite à un échange avec l'IRSN, l'échelle INES à été mise à jour, ne laissant trace que du second accident de 1980. Quant à la présence de plutonium, elle fut révélée au cours d'une étude sur la Loire faite en 1980 par l'Institut de biogéochimie marine de l'Ecole Normale Supérieure de Montrouge (Hauts-de-Seine) sur les problèmes de polluants dans les sédiments, menée sur la Loire fluviale, de Saint-Laurent-des-Eaux jusqu'à l'estuaire.


Gageons que le journaliste s’investira la prochaine fois à investiguer plus avant avant toute diffusion sur un sujet sensible qu'est le nucléaire.

Face aux diverses réactions, l'IRSN publie une note d'information sur les accidents ayant affecté les réacteurs UNGG de St Laurent-des-Eaux en 1969 et 1980.

Japon et nucléaire : choix impossible?

Alors que le Japon semble vouloir reprendre le chemin du nucléaire (article du 11/07/2013, article du 20/12/2012, article du 22/04/2015), après avoir stoppé toute production (voir l'article du 14/05/2012) suite à l'accident survenu à Fukushima en mars 2011,

On apprend, dans un article du 13/03/2015 que 20 Minutes relaie de l'AFP, que le pays s’apprête à démanteler 5 réacteurs, en plus des 6 réacteur de la centrale de Fukushima-Daiichi durement touchée par le tsunami du 11/03/2011.

Alors que, contradictoirement, le même article annonce une durée de vie de 60 ans (sous dérogation), le Japon met à l'arrêt définitif 5 de ses unités de production justement à cause de leur age.

Mais Japon et nucléaire sont-ils compatibles?
Tentons d'y voir un peu plus clair...

Nous savons qu'une centrale nucléaire, et peut importe sa filière, à besoin d'une source froide et ce en grande quantité (voir les explications sur les circuits, le troisième appellé "circuit de refroidissement" sur  le site EDF http://energie.edf.com/nucleaire/comment-ca-marche-y/les-grands-principes-de-fonctionnement-48400.html). Ceci constitue le point d'entrée primordiale de toute présence d'une centrale nucléaire. 2 solutions à cela, soit proche d'un fleuve au débit suffisant, soit en bord de mer où la source froide ne fait pas défaut.

Pour le Japon, ça pourrait être simple; il s'agit d'une île.



Maintenant, regardons où se trouvent implantées les centrales nucléaires nippones; en bord de mer. Logique, s'agissant d'une île, d'autant plus volcanique. Ce qui écarte, du fait de son aspect montagneux (voir la carte de l'USGS sur le site http://www.earth-of-fire.com/article-l-archipel-nippon-tectonique-56829118.html) la présence de centrales proches de cours d'eau.




Le problème de la présence de centrales nucléaires en bord de mer devient alors l'activité sismique (voir le site http://www.earth-of-fire.com/article-l-archipel-nippon-tectonique-56829118.html qui explique bien le processus tectonique auquel est soumis le pays). Non pas que les centrales n'y résistent pas. A leur conception, le risque sismique est pris en considération et majoré sur le plus fort séisme connu (voir le guide 2/01 de l'ASN sur la prise en compte du risque sismique à la conception d'ouvrages de génie civil d'INB) . Non, ce sont les effet d'un séisme, dont le tsunami fait parti, qui deviennent alors sensibles pour toute centrale nucléaire. Perte du réseau d' d'alimentation électrique du fait de la chute des lignes aériennes par ex.



Dans le cas de l'accident majeur survenu le 11 mars 2011 à la centrale de Fukushima, les installations ont correctement réagi au séisme par l'arrêt automatique des réacteurs (pour ceux qui étaient en fonctionnement. Pour ceux qui étaient à l'arrêt le problème est autre), et le déclenchement des sources électriques de sauvegarde dû à la perte de l'alimentation électrique.

C'est la vague du tsunami qui à engendré les dégâts qui ont conduits à la catastrophe par le perte de tout moyen de sauvegarde.

Les japonais appellent cet effet cumulé d’événements genpatsu-shinsai.

Même si j'ai une totale confiance en l'exploitation du nucléaire aujourd'hui (si on retire les causes de l'accident de Tchernobyl en d'autres temps), à la lumière des quelques éléments succins exposés, il me semble que le nucléaire nippon cumule les risques qui s’avèrent fatals en cas d’événements cumulés du type de ceux qui ont conduits à l'accident de mars 2011.

Il en ressort, malgré qu'il faille un accident de cet ampleur pour démontrer que les forces de la nature seront toujours plus puissantes que tous les coefficients de sécurité que l'humain pourra mettre en place pour protéger ses installations, que le retour d'expérience (REX) permet de faire évoluer les institutions, les installations, les équipements, les organisations et les hommes en général.(lien)

Un analyse très détaillée (à mon sens, mais je ne suis pas sismologue), sur ce site.

Moyens d'intervention en cas d'accident

Au titre des moyens techniques mis en place pour intervenir en cas d'accident nucléaire, il y à, en France, deux principales entités :

Le Groupe INTRA (INTervention Robotique sur Accident), Groupement d'Intérêt Economique (GIE) rassemblant les principaux acteurs du nucléaire français à savoir EdF, CEA et AREVA NC (anciennement COGEMA), à été créé en 1988 suite à l'accident de Tchernobyl.

De 1988 à 1995, le Groupe INTRA était installé dans les locaux du CEA à Fontenay aux Roses en région parisienne.

Depuis juillet 1995, il est installé sur le site du CNPE de CHINON, à AVOINE, dans les locaux de l'ancienne centrale nucléaire UNGG Chinon A2.

Le GIE a en charge de concevoir, exploiter et maintenir à disposition 24h sur 24h une flotte d'engins robotisés capables d'intervenir, à la place de l'homme, en cas d'accident nucléaire majeur, dans et autour des bâtiments industriels de ses membres.

Le Groupe INTRA à par exemple été sollicité dans le cadre de ses conventions à porter assistance à Fukushima au lendemain du tsunami qui à mis à mal les installations nucléaires du site (voir la lettre 29 du Groupe).

Hélinuc, moyen héliporté à, par exemple, réalisé en septembre 1999 une cartographie aérienne du site de St Laurent révélant ainsi les différents taux de Césium 137 (137Cs) sur le site et son environnement proche.

Suivre l'article du 12/06/20165 de La NR.

La FARN


La Force d'Action Rapide du Nucléaire (FARN) dont le gréement est engagé depuis 2012 est une réponse, au lendemain de l’accident survenu en mars 2011 à la centrale nucléaire de Fukushima-Daiichi, à la mobilisation de l'Exploitant EDF face à une centrale nucléaire française qui pourrait être gravement endommagée.

Cette force spéciale est chargée d’intervenir en moins de 24 heures sur un site nucléaire français gravement accidenté. Elle peut désormais apporter et mettre en oeuvre des moyens autonomes de réalimentation en eau, air et électricité et apporter à une centrale française accidentée une capacité d’appui, notamment aux équipes de conduite. 

EDF est ainsi le premier exploitant mondial à se doter d’une telle force spéciale pour compléter son dispositif de gestion de crise nucléaire.

Les évaluations complémentaires de sûreté françaises

Des principaux accidents nucléaires, Three Mile Island en 1979 et Tchernobyl en 1986, nous en tirons les enseignements. Nous l'appelons retour d'expérience (REX).

Fukushima en 2011 n'en déroge pas, et le REX qui en découle est un processus long de plusieurs années.


A titre d'exemple, le retour d'expérience (REX) de l'accident de Three Mile Island en 1979 fera qu'un phénomène initialement non prévu à la conception des centrales REP, à savoir la fusion totale ou partielle du combustible avec le percement de la cuve du réacteur, sera intégré dès la conception des derniers réacteurs de génération III lors du lancement notamment du projet EPR (Europeen Pressurized water Reactor) en 1993.

A court terme, l'Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) à organisé des Evaluations Complémentaires de Sûreté (ECS) des installations nucléaires civiles françaises vis-à-vis d'événements de même nature que ceux survenus à Fukushima.

Ces évaluations complémentaires de sûreté s'inscrivent dans un double cadre :
  • d'une part l'organisation de "tests de résistance" (ou "stress tests") demandée par le Conseil Européen lors de sa réunion des 24 et 25 mars 2011 et,
  • d'autre part, la réalisation d'un audit de la sûreté nucléaire des installations nucléaires civiles françaises au regard des événement de Fukushima qui a fait l'objet d'une saisine de l'ASN par le Premier ministre en application de l'article 8 (aujourd'hui abrogé) de la Loi TSN.
En France, l'ASN à ainsi prescrit à l'exploitant de proposer un noyau dur de dispositions matérielles et organisationnelles avec pour objectif, dans des situations extrêmes étudiées dans le cadre des ECS, de renforcer la gestion des situations de pertes totale d'eau et d'électricité de longue durée sur tous les réacteurs d'un même site.

Cela entend des modifications transitoires dans un premier temps (diesels provisoires, appoints supplémentaires en eau, etc.) à visée plus définitive sur la durée de vie des installations.

En parallèle, les moyens d'intervention en cas d'accident sont complétés par la mise en place de la Force d'Action Rapide du Nucléaire (FARN) dont le gréement à été initié dès 2012 au lendemain de l'accident de Fukushima sur le site de Civaux dans la Vienne, dernier site du programme électronucléaire français.

Transposition des filières à d'autres domaines

Notons que plusieurs types de réacteurs, notamment des filières RBMK et REP, sont utilisés, bien que différents de leurs confrères destinés à la production d'électricité civile mais en conservant le principe de fonctionnement, en propulsion nucléaire navale, sur différents types de navires (sous-marins, brise glaces, porte-avions, par ex.).

Cependant, le nucléaire embarqué est, paradoxalement au moins aussi sûr que celui à terre et ce, pour plusieurs raisons : 
  • absence de séisme en mer, 
  • système dimensionné avec des coefficients de sécurité bien plus importants (à cause de la flexibilité demandée) 
  • puissance résiduelle plus faible, 
  • neutronique simplifiée par des architectures de cœur particulière (enrichissement, géométrie),
  • etc.
A contrario, et du fait qu'ils soient embarqués, cela conduit à des contraintes supplémentaires à intégrer :
  • inclinaisons de plate-forme, roulis, tangage,
  • accélérations chocs (cas des navires brise-glaces par exemple),
  • ambiance marine corrosive,
  • agressions de nature variées (explosion d’armes et arti­fices), 
  • etc.

Syndrome chinois

Initialement, le syndrome chinois est une hypothèse qui remonte à 1971 par laquelle un cœur de centrale nucléaire en fusion pourrait traverser la croûte terrestre de part en part et aboutir à l'opposé de son origine, en Chine. Le physicien nucléaire Ralph E. Lapp en est à l'origine et base sa théorie sur les rapports d'une équipe de physiciens et publiés en 1967.

Puis en 1979, juste quelques jours avant l'accident du 28 mars à la centrale nucléaire de Three Mile Island, sort le film "The china syndrome", réalisé par James Bridges. Bien que le film soit basé sur un scénario qui envisage l'emballement du réacteur conduisant à sa fusion et au percement des installations allant à créer des explosions de vapeur contaminée à l'atteinte des nappes phréatiques souterraines, son titre est trompeur, puisque la théorie même du syndrome chinois du Dr Lapp n'est pas inscrite au scénario, même si elle est évoquée. Il en résulte que le film, étrangement prémonitoire à l'accident qui s'en suivit, a profondément marqué l'opinion publique américaine. 



Le retour d'expérience (REX) de l'accident de Three Mile Island en 1979 fera qu'un phénomène initialement non prévu à la conception des centrales REP, à savoir la fusion totale ou partielle du combustible avec le percement de la cuve du réacteur, sera intégré dès la conception des derniers réacteurs de génération III lors du lancement notamment du projet EPR (Europeen Pressurized Reactor) en 1993. Ainsi, en cas d'accident grave avec un corium qui percerai la cuve du réacteur, les matières en fusion seraient collectées dans une salle d'étalement située sous le réacteur, et confinées dans les installations de l'îlot nucléaire, sans contact donc avec l'environnement extérieur. (lien)



Retour d’expérience qui n'a bénéficié ni aux réacteur russes RBMK qui équipaient le site de Tchernobyl (comme le montre la photo ci-dessus de ce que l'on nomme "le pied d’éléphant", dû à la forme prise par le corium figé ainsi lors de son refroidissement), ni aux Réacteurs à Eau Bouillante (REB/BWR) qui équipent la centrale de Fukushima. Leur conception est en effet bien antérieure au projet EPR. En conséquence, le corium (amas de matières en fusion) issu du réacteur a traversé les installations...jusqu'à trouver suffisamment de résistance pour ne pas s'enfoncer plus avant et étayer la théorie du syndrome chinois.

Pour mieux comprendre les phénomènes survenant lors d'un accident grave de fusion de cœur d'un réacteur à eau légère, le programme international de recherche Phébus PF (Produits de Fission) à été initié en 1998. Le rapport du dernier des 5 tests a été publié en décembre 2010 et a donné lieu à un séminaire de clôture organisé en juin 2012. Vidéo IRSN.

Les recherches sur le corium se poursuivent sur la modélisation de son écoulement avec Astec suite à l'accident de Fukushima et la recherche des résidus des coeurs fondus. 
source : IRSN - Repères n°29 - 04/2016.

L'IRSN à publié l'ouvrage intitulé "Les accidents de fusion du coeur des réacteurs de puissance" accessible en boutique.

Fukushima, chronique d'un désastre

Rediffusion aujourd'hui du documentaire "Fukushima, chronique d'un désastre" diffusé le 11 mars mars sur ARTE.

Qu'en ressort -il? Outre l'énoncé chronologique de l'accident, par deux fois on fait rappel aux accidents passés.

D'abord avec l'accident de Three Mile Island en mars 1979 où plusieurs furent évoqués.

La conception de la sonde de niveau du cœur en premier lieu. Cette sonde mesure le niveau d'après la pression du circuit. Or, du fait de la perte d'eau dans le cœur et de son augmentation de température, la pression à augmentée, donnant de mauvaises indications aux opérateurs. En effet, alors qu'ils pensaient les éléments recouverts, ils étaient totalement à l'air et entamaient leur destruction du fait de leur température très élevée.
La conception encore avec cette vanne de condenseur maintenue normalement fermée en cas de perte électrique. Les sources électriques ont été perdues en tout premier plan lorsque la vague du tsunami à noyée le site. Cette vanne, une fois ouverte en phase accidentelle aurait permis de retarder le dénoyage du cœur, par l'apport d'eau condensée, tout en évacuant tout ou partie de la chaleur résiduelle du cœur.
La formation enfin car, si les opérateurs américains conscients de la problématique de la vanne de condenseur ont été formés à la manœuvrer manuellement, les opérateur japonnais se sont fiés aux indicateurs de la salle de commande, alors même qu'ils avaient perdus toute source d'énergie et se fiaient à de mauvaises indications.  

Puis ensuite, et à l'instar de Tchernobyl en avril 1986, pour tenter de conserver intègre l'enceinte de confinement, les opérateurs décident un relâchement de la pression qu'elle renferme, ainsi que des produits de fission issus de le fonte des éléments combustibles du cœur. Ce relâchement est à l'origine de la première contamination de l’atmosphère, bien avant l'explosion due, elle, à l'atteinte de la limite d'explosivité de l’hydrogène, gaz issu également de la détérioration des éléments combustibles.

On peut donc que s’apercevoir que les réacteurs à eau bouillante (REB/BWR de type Mark I) de Fukushima Daiichi n'ont pas bénéficié du retour d'expérience (communément appelé REX) et des leçons tirées des accidents de Three Mile Island et de Tchernobyl.

Histoires de rejets

Dans son numéro 24 de février 2015, le magazine Repères de l'IRSN traite de la santé radiologique de nos cours d'eau.

C'est en effet lors d'une étude sur les polluants chimiques présents dans les sédiments de La Seine que les experts de l'IRSN ont isolés la présence de plutonium. Cependant, ni les essais nucléaire atmosphériques des années 1950-60, ni la catastrophe de Tchernobyl ne sont impliqués dans la présence de cet isotope dans les sédiments de La Seine. 

La présence de plutonium 238 aurait donc une origine industrielle et serait due, après recherches, à un déversement accidentel du Commissariat à l'Energie Atomique (CEA) survenu en 1975 lors de recherches sur les procédés de retraitement et de séparation des transuraniens (famille d'éléments lourds dont le plutonium fait partie), sur le site de Fontenay-aux-Roses (Hauts-de-Seine). Une autre source de contamination datant de 1961, dont l'origine reste inconnue, fait également surface dans un article du 20 juin 2014 du site de l'Usine Nouvelle ou 18 juin de la même année sur le site Challenges.

Malgré tout, la présence de cet isotope dans le milieu naturel peut avoir d'autres origines. L'une d'entre elles, peut être un accident nucléaire.

Ainsi une étude faite en 1980 par l'Institut de biogéochimie marine de l'Ecole Normale Supérieure de Montrouge (Hauts-de-Seine) sur les problèmes de polluants dans les sédiments, menée sur la Loire fluviale, de Saint-Laurent-des-Eaux jusqu'à l'estuaire, a mis en exergue la présence de plutonium. 


Cette étude oppose à la quasi absence de plutonium en amont de St Laurent, un taux de plutonium multiplié par dix à son aval et allant en décroissant lentement jusqu'à l'estuaire de La Loire. Présence de plutonium qui serait dès lors imputable à l'un ou l'autre des 2 accidents répertoriés sur la filière UNGG du site de St Laurent. Une affaire (partiellement ) relevée dans une enquête diffusée par Canal+ le 04/05/2015, et relayée par Le Monde dans son article du 04/05/5015.

Les seules traces relevées jusque là correspondent aux retombées d'explosions nucléaires effectuées dans l'atmosphère. Il y a en fait deux sortes de plutonium car celui d'une centrale a une composition très différenciée au plan isotopique par rapport à celui généré par une bombe atomique.

En septembre 1999, une cartographie aérienne du site de St Laurent été réalisée par Hélinuc, hélicoptère intervenant dans le cadre des activités du Groupe INTRA, basé à Chinon. On y voit les différents taux de Césium 137 (137Cs) sur le site et son environnement proche.

Face aux diverses réactions suite à la parution de l'article du Monde du 04/05/2015, et la diffusion sur Canal+ du documentaire Spécial Investigation, l'IRSN publie une note d'information sur les accidents ayant affecté les réacteurs UNGG de St Laurent-des-Eaux en 1969 et 1980.

Enfin, on apprend en juillet 2015 que, suite à la diffusion du reportage "Nucléaire ; La politique du mensonge?" le 4 mai 2015, l'association l'Observatoire du nucléaire porte plainte contre l'exploitant EDF et Marcel Boiteux.

Accidents nucléaires répertoriés

Après avoir éclairci l’esprit du lecteur dans les posts précédents sur ce que peut être un accident nucléaire, pour des questions d’intérêt et de volumétrie d’information, nous ne verrons ici que les événements accidentels, classés au niveau 4 ou supérieur, de l’échelle INES, et liés uniquement à l’exploitation de l’industrie nucléaire civile, à savoir :
Figurent également, à titre d'information, les accidents suivants :

La carte présentée ci-dessous (issue du site "Le Dessous des Cartes", ARTE) montre la géographie des accidents répertoriés au niveau mondial. Notons au passage que les deux seuls accidents français répertoriés (St Laurent 1969 et 1980, Niv.4 de l'échelle INES) n'y figurent pas. Idem pour l'accident Tchécoslovaque de 1977.